RICHARD SCOFFIER

ARCHITECTE

La ville qui a perdue son fleuve

Université d'Art D'ispahan

Direction : Richard Scoffier

Encadrement : Sina Abédi, Rafael A. Balboa, Patrick Berger, Jean-François Coulais, Bérénice Gaussuin, Camille Scoffier, Maria Theodorou

 

L'eau ne coule plus à Ispahan. Le Zayandeh Rud qui traverse la ville est aujourd'hui pratiquement à sec, son cours ayant été détourné dans les années 2000 pour irriguer des terres cultivables en amont de la ville. Seul un filet d'eau traverse encore, l'hiver, les arches du pont Allahverdi Khan.

 

Que faire ? Revenir en arrière ? Envisager d'autres stratégies ? Transformer le lit du fleuve en coulée verte parsemée çà et là de miroirs d'eau et y implanter de grands programmes culturels comme ont su le faire les urbanistes de Valence après le détournement de l'impétueux Turia par le Général Franco à la suite de la grande inondation meurtrière de 1957. Etudier les exemples d'autres villes : Nantes et son cours des 50 Otages aménagé sur l'ancien lit de l'Erdre entre 1930 et 1940 ou Sao Paulo dont les ponts métalliques du XIXe siècles surplombent désormais des flux d'automobiles et de camions.

 

Zayandeh machine

(Marie d’Oncieu, Zahra Hoseingholpour, Sepideh Torbat, Roham Karami)

Ce projet part du constat que les systèmes traditionnels de gestion de l’eau (qanats, madis et même fleuve) sont devenus obsolètes. Il propose de mettre en scène les tuyaux de distribution, les cuves de collecte et les stations d’épuration. Associés  à des lieux culturels et de rencontres (théâtre, jardin, bazar…), ils se transforment en espace de rencontre de la ville.

 

Les ponts

(Jeanne Grandsert, Hedieh  Azarbayejani, Atefeh Emadfar, Shekoofeh Ghermezi, Safoura Shojaei)

Les fonctions initiales du Zayandeh Rud et de ses ponts, source de fraicheur et d’attractivité, sont ici réinterprétées. Le lit du fleuve est occupée par une coulée verte, traversée par de nouvelles infrastructures culturelles et sportives. Ces nouveaux franchissements relient organiquement les deux parties de la ville.

Entre les murs

(Anaïs Petitjean, Sogol Moharrery, Farzane Izadi, Ahmad Nahvi, Behrouz Bajoghli)

Des murs sont lancés au travers du lit asséchés afin de définir un mémorial au fleuve disparu. Entre ces murs peuvent circuler les passant comme l'eau résiduelle. Le positionnement des lames permet de cadrer des vues sur les ponts et sur la ville tout en offrant des espaces variés ouverts à différents types d’activés : pique-nique, cinéma en plein air, théâtre, jeux...

 

La ville enterrée

(Zoë Rouillard, Zahra Vakili, Aref Rafiei, Hajar Zahahedi)

Cette proposition s’inspire du sol asséché du Zayandeh Rud pour imaginer un réseau de voiries profondes qui distribueraient une ville enterrée.

 

La trame

(Reda Mellah, Danial Shahmoradi, Behzad Tavassoli, Najmeh Abdollahi)

Raccordant les grilles urbaines situées de part et d'autre du lit asséché, une multiplicité de blocs émergent du fleuve comme autant d'îles artificielles. Chacune de ces îles possède une thématique singulière (piscine, champ d’éoliennes, parc zoologique…). La grille anticipe l’éventualité d’un retour de l'eau pendant une courte période de l'année, lui permettant de circuler entre les blocs voir de les recouvrir.

 

 

Capsule temporelle

(Estelle Desallais, Farnaz Soltan Sanjari, Roozhin Haghighi, Mozhdeh Nosrati)

Ce projet envisage la reconquête de la ville sur le fleuve tout en gardant des traces de son passé. Trois capsules temporelles placées autour des ponts historiques délimitent l'extension du tissu urbain. Ces capsules maintiennent artificiellement les monuments dans leur biotope d'origine à l'age d'or du Zayandeh Rud.

Le retour du désert

(Alice Loumeau, Ali Safaeianpour, Mohammad Samea, Sharareh Pooladsaz)

Ce projet radical est fondé sur un scénario dystopique : remonter à l'origine et modifier l'histoire même de la ville. Ce ne sera plus une ville née du fleuve mais plusieurs cités jardin luxuriantes et autonomes, alimentées par des eaux souterraines et séparées par le désert.

La diagonale

(Anaïs Costeramon, Sadaf Alikhani, Nazanin Khorsandi, Azadeh Khalili, Sharare Farajzadeh)

Cette proposition à l'échelle urbaine impose une diagonale dans la trame d’Ispahan, comme celle de Cerdà à Barcelone. A nouveau l'axe de circulation est ainsi tracé suivant la direction du tronçon du fleuve entre les ponts Khaju et Si-O-Se Pol.

 

Temple de l'eau

(Sina Najafi Makhsous, Sayed Amin Mortazavi Nasiri, Amir Zahedi Yeganeh, Shirin Alsadat Tabesh)

Ce projet cherche à commémorer la disparition du fleuve. Des constructions souterraines préservant des miroirs d'eaux et éclairées par de hauts canons à lumière parsèment le fleuve asséché. Elles renvoient aux temples zoroastrien du feu disposés sur les sommets des collines de la région.

 

© 2017 Richard Scoffier